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Publication de "De la souveraineté"

Publié le : 30/12/2007 00:00:00
Catégories : Actualités des éditions Le Retour aux Sources , Auteurs , Michel Drac , Sorties

De_la_souveraine_4a9188384698dPublication de De la souveraineté, de Michel Drac.

Vous pouvez commander cet ouvrage dans la boutique.

La quatrième de couverture :

Sous-titré « éléments pour un manifeste fractionnaire », De la souveraineté est une contribution à la réflexion sur la refondation d’un avenir concret pour les Français d’après la France.

La problématique est simple : la France n’existe plus, mais il reste des Français, vraiment français, et qui entendent bien le rester. Comment en est-on arrivé là ? Et à présent, que faire ?

Et pour ceux qui veulent se faire une idée...

Les premières pages !


Etape 0
Novembre 2005

Ce livre est né un soir de novembre 2005. Je crois que c’était le 6 novembre, mais je n’en suis pas certain. C’était peut-être le 5 ou le 7.

Avec un ami, nous avions mangé  dans une brasserie. A la sortie du restaurant, nous nous sommes dit au revoir. J’avais rendez-vous avec quelqu’un, j’étais pressé. J’ai marché sans rien remarquer pendant quelques minutes. Puis j’ai levé la tête : le ciel nocturne avait pris une teinte orangée.

Je n’ai pas été surpris. Je savais qu’il y avait des émeutes dans les banlieues, depuis une semaine. Ces nuits-là, le gymnase de Noisy-le-Grand fut incendié. Je l’ai vu brûler.

Je suis arrivé à un rond-point. Des cars et des voitures de police étaient garés sur le terre-plein, sur les trottoirs. Il y avait des uniformes partout. Je suis passé derrière un cordon d’hommes casqués. Au loin, des ombres couraient. Je me suis arrêté pour regarder. J’ai vu un homme faire un geste du bras, et j’ai compris qu’il venait de lancer quelque chose. Je n’avais pas l’impression d’être en danger. Les émeutiers étaient loin, et puis entre eux et moi, il y avait un mur de boucliers.

Une femme flic m’a dit : « Circulez, monsieur. »

Je suis reparti, j’ai marché plus vite. Je ne pensais à rien de précis. Cette scène était inattendue, très éloignée de mon quotidien. Mon cerveau n’était pour ainsi dire pas prêt à l’analyser. Pas à chaud.

Ensuite, en marchant, plusieurs idées me sont venues à l’esprit. Aucune n’était agréable.

En somme, si le cordon de police n’avait pas été déployé devant moi, je me serais retrouvé face aux émeutiers. Si cela s’était produit, je n’aurais absolument pas su quoi faire. Rien dans mon expérience passée ne m’a préparé à affronter ce genre de situation. J’ai été élevé dans la détestation de la violence physique, comme tous les gens normaux.

Donc, pour me contraindre, le pouvoir n’aurait à l’avenir plus besoin de m’intimider directement. Il lui suffirait de ne pas me protéger pour m’avoir brisé, mécaniquement, sans lever le petit doigt. Incapable de me défendre par moi-même, j’étais désormais l’otage de ceux dont ma défense dépendait.

Dès lors, je n’étais plus le citoyen libre d’un pays libre. J’étais un esclave.

Cette vérité amère, je la pressentais depuis longtemps, bien sûr. Mais alors seulement, elle m’apparut dans sa terrifiante nudité.

En m’éloignant de l’émeute, je m’aperçus que j’étais en sueur. Je n’avais pas peur, mais j’étais profondément secoué. Disons : comme un homme qu’on a réveillé en sursaut.

Soudain, je compris que, pour la première fois de ma vie, j’allais m’intéresser à la politique.

*

La semaine d’après, le Front National organisait une manifestation, place du Palais Royal, à Paris. Je crois que c’était le 14 novembre. Je ne voyais pas très bien à quoi servait cette manifestation, mais c’était pour moi l’occasion de rencontrer des gens.

Je n’ai jamais été membre du FN, ni même envisagé d’y adhérer. J’ai utilisé parfois le bulletin FN, comme beaucoup de Français, pour dire ce que je pensais de la politique absurde suivie par notre classe dirigeante. Mais je n’ai jamais cru au FN. Ce parti me paraissait incohérent, dépourvu d’une vraie doctrine, et puis il a un passé trop lourd, des liens compromettants, toute une longue histoire assez peu claire.

Je ne suis pas allé à cette manifestation pour soutenir le FN, mais pour rencontrer des gens avec qui discuter, et peut-être agir. J’ai profité de l’occasion pour contacter quelques connaissances que je savais réceptives, et nous nous retrouvâmes à Paris. Tout est parti de là.

Je ne me souviens plus très bien du déroulement exact de la soirée. L’affaire remonte à deux ans, et mes souvenirs sont flous. Ce qui est sûr, c’est que nous étions trois à la fin, dans un bistrot près de la place du Palais Royal.

Nous avons discuté de ce qui venait de se passer dans le pays. Nous sommes tombés d’accord pour dire que c’était grave. Nous sommes aussi tombés d’accord pour dire qu’il n’était plus possible de ne pas agir. Jusque là, même sceptiques sur les vertus du multiculturalisme, nous pouvions encore espérer le maintien de la paix civile. A présent, tout était changé : nous venions d’avoir un avant-goût de la conclusion de l’affaire, et franchement, cet avant-goût  n’était pas rassurant.

Il fallait faire quelque chose. Mais quoi au juste ? Nous n’en savions rien.

Quelqu’un a dit : « La première chose à faire, c’est de décider ensemble de ce qu’il faut faire. Et pour cela, il faut comprendre ce qui se passe, le comprendre vraiment. Comprendre d’abord. Agir ensuite. »

Nous sommes tout de suite tombés d’accord là-dessus, et nous avons décidé de monter un groupe de réflexion. De là, le site Internet « scriptoblog ».

*

Par la suite, le groupe s’est étoffé. Au début, nous n’étions que trois. A l’heure où j’écris, en décembre 2007, nous sommes dix. Des gens sont arrivés sur notre site, par hasard le plus souvent. La plupart se sont contentés de lire, quelques-uns ont réagi. Nous avons rencontré certains d’entre eux. Parfois, nous leur avons proposé de se joindre formellement au groupe de réflexion, et en général, ils ont accepté.

Nous n’avons pas fait de plan. Nous n’avons défini aucune méthode. Nous nous sommes contentés d’ouvrir un site accessible au public, avec un système d’ateliers. Nous n’avons rien caché parce que nous n’avions rien à cacher.

Parce que nous pensons que la question n’était pas que politique, nous avons choisi de poser le problème de manière très générale. Nous avons parlé de littérature. D’art. D’esthétique. D’humour même. Nous pensons que la question politique n’est que la conséquence des questions artistiques, esthétiques, philosophiques.

Nous avons doté le site d’une petite librairie en ligne, parce que nous savions que nous aurions un jour des textes à publier – des textes longs et un peu casse-bonbons, le genre qu’on lit mieux sur le papier. C’est important, l’intendance. Elle n’a qu’à suivre, certes, mais encore faut-il qu’elle suive.

Chacun d’entre nous a travaillé sur les ateliers qu’il voulait. Comme certains ont du temps libre et d’autres pas, tout le monde n’a pas écrit autant. Comme j’écris vite à défaut d’écrire bien, j’ai écrit beaucoup. Je reste éternellement débiteur des contributeurs de mon atelier. Travailler avec eux fut une expérience magnifique, indépendamment même de l’intérêt de nos échanges. Savoir que quelqu’un, quelque part, a passé deux heures à relire attentivement un brouillon médiocre, forcément médiocre puisqu’il s’agissait d’un brouillon ; savoir que ce quelqu’un est prêt à refaire le même investissement encore et encore, de brouillon en brouillon, jusqu’à ce que la version définitive soit bouclée ; et savoir que ce quelqu’un fait tout cela uniquement parce qu’il partage vos pensées ! Cela, c’est merveilleux.

Le groupe est divers aujourd’hui, mais ça ne pose pas de problèmes à ce stade. Il y a un membre du Bloc Identitaire et un ancien sympathisant de Lutte Ouvrière, un chevènementiste orphelin de la République et un vétéran du Front National, un Juif religieux et un républicain athée. L’espace mental collectif qui s’est construit au sein de notre groupe est le résultat d’une démarche collective entre ces gens très différents les uns des autres. Personne n’a été exclu, personne ne s’est exclu.

Nous nous sommes réunis pour décider de ce qu’il fallait faire, et nous commençons à pouvoir répondre à cette question. C’est moi qui signe cet ouvrage parce que j’ai tenu la plume sur l’atelier. Mais quelque chose nous unit désormais, et c’est cela, l’important.

 

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