Quand je pense à Ingrid

Publié le : 12/07/2008 00:00:00
Catégories : Articles auteurs , Auteurs , Billets d'actualité , Paul Dautrans

IngridIngrid Betancourt vient d'être libérée, Scriptoblog est très heureux pour elle, Paul Dautrans lui dédie affectueusement ce texte poli, courtois, raffiné, limite idolâtrique...


Y avait déjà eu Florence Aubenas, Angélique et le sultan version islamiste à la con. C’était un beau spectacle, avec comité de soutien, lâché de ballons et tout et tout. Souvenez-vous, même Philippe Murray était tout remué, et pourtant il en avait vu d’autres. « Frappé par la grâce » de Florence, qu’il avait été. Au point de se demander ce que soutenaient les comités de soutien, je me souviens. Et même qu’il disait, ce bon Philippe : en fait, les comités de soutien, ils ne soutiennent que leur époque, pour le reste les otages, ils s’en foutent ces sagouins.

Déjà vivant, il était lucide, le bougre. Alors maintenant qu’il est mort, j’ose pas imaginer.

Bref, tout ça pour dire que moi aussi, j’ai été frappé par la grâce. Mais pas par Florence. Florence, elle avait un côté bobo, et moi je suis de droite. Les droitards, ça bande pas pour Florence. Florence, elle sentait le patchouli sous le Chanel, ça le faisait pas. C’est les mecs de gauche qui se paluchaient devant les affiches « pour Florence et Hussein ». Quand t’étais de droite, c’était le bide.

Maintenant, c’est différent. C’est Ingrid Betancourt qui me fait bander. Je l’avoue : dès que je la vois, je pense à des choses. Des concepts innovants. Des trucs, des machins. Enfin vous savez, quoi.

J’y peux rien, j’ai toujours triqué pour les bourgeoises. Normal. Le cul d’une bourgeoise, c’est pour ainsi dire le saint des saints, quand t’es pauvre et de droite. Çui qui arrive à y entrer alors qu’il est pauvre sans le sou crasseux mais respectueux de la bourgeoisie, il est comme un moinillon qui picolerait pas ruse dans le ciboire de Benoît. Je veux dire : Ingrid, elle serait caissière chez Carrefour, je remarquerais pas qu’elle a un beau cul. Mais milliardaire écolo captive des maos libérée de fraîche date, tout de suite, elle se déhanche, et j’explose ma braguette. Normal, moi je dis.

Avouez qu’elle est pas mal, quand même, Ingrid. Avec son petit côté Sainte Nitouche, hein ? Ah la cochonne.

Là, aux dernières nouvelles, elle s’est barrée à Lourdes. Il paraît qu’elle veut voir le Pape. Je sais pas si le vieux va vouloir. A son âge et vu sa situation, il doit pas être branché. Mais peut-être que ça se fera, hein ? Ingrid, elle a déjà eu Sarkozy, Kouchner, Royal aussi qui voulait lui serrer la louche, franchement je m’étonne que le Dalaï-lama soit pas sur la photo.

Moi, je dis, c’est sexuel. La bourgeoise otage libérée, c’est le cul des culs. Le super-cul ultra-bandant de la bourgeoisie à l’état pur. Alors milliardaire, écolo, beau cul, captive des maos dans une jungle à la con, libérée par l’armée, et en plus, elle a une bouche à pipe : impossible de faire plus bandant, pour les pauvres de droite. Impossible. On tient un record. Un absolu. Une référence. Ingrid IS le sex-symbol sociosarkozyste accompli. Ingrid IS le sarkozysme incarné.

T’as qu’à voir comment ils en mettent partout, des têtes à Ingrid. C’est une icône, pire que la Vierge à l’Enfant chez les russkofs, t’en vois plus que des trombines à Staline dans l’Ouzbékistan des années 30.

Putain, une qui doit l’avoir mauvaise, c’est Carla. Elle avait bien préparé son coup, hein ? Un album de chansons à la con, la first lady qui pousse la chansonnette, merde, logiquement, ça devait saturer la boîte à conneries. Laisse tomber, fillette : ton trip j’ai coupé la bite au roi venez que je vous la mette, souriez on vous encule, ça n’intéresse plus personne. Y a Ingrid sur l’autre chaîne.

Ingrid est là, avec son cul immaculé. Son cul sublime à l’idéale rotondité. Son cul impénétrable et pourtant offert, tentateur, malicieux. Elle parle, elle sourit, ah miracle, elle nous offre son âme enfermée dans son cul, et nous avons un aperçu de la vision béatifique qui s’offrirait à nous, cons de pauvres, si nous lui baissions sa culotte, à la milliardaire. Ah la coquine, hum quand je pense à Ingrid…

En plus, elle s’appelle Ingrid.

Ingrid, quoi, merde.

Pas Ginette, hein ? Ingrid.

Putain, ça c’est un cul, les gars, vous l’aurez jamais.

Regardez : on a déplacé des présidents pour sauver le cul d’Ingrid. Sarko, il y a passé plus de temps qu’à diriger la France, ça c’est sûr. Et le pognon que ça a coûté. Bien sûr qu’on les a payés les mecs des FARC ! Tu penses bien, si on avait pas payé pour le cul d’Ingrid, ça irait pas. Faut qu’on ait payé. On dit que c’est pas vrai, comme ça les gens imaginent. Le cul d’Ingrid et le pognon, tout ça, ça va ensemble. Vous comprenez ?

Non, vous comprenez pas.

Putain, vous êtes con.

Le pognon pour sauver le cul d’Ingrid, moi je dis, c’est du monétarisme appliqué. Le cul divin de la bourgeoise, objet d’adoration, instrument irremplaçable de la transmission du capital, inchangé, immutable, unique. Et en face de ce cul mystique, une grosse valise bourrée de dollars de merde.

Ces dollars à la con, dont les cons disent qu’ils ne valent plus rien.

Mais si, ils valent quelque chose, les dollars !

Ils valent le cul d’Ingrid.

Là, vous avez compris ?

C’est ça, l’étalon du dollar. C’est pas l’or, c’est pas le pétrole. C’est le cul d’Ingrid.

Le dollar, c’est un signe qui dit au pauvre : le cul d’Ingrid, c’est trop cher pour toi, alors bande.

Et c ’est pour ça que je bande. Tu bandes toujours pour les culs que tu peux pas avoir, forcément.

Enfin, j’explique mal, peut-être, c’est compliqué tout ça.

Rââ, putain, faut que je retourne me branler.

Quand je pense à Ingrid, je bande.

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