Quelques mots sur « L’Être contre l’avoir » de Francis Cousin

Publié le : 24/08/2014 09:38:21
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Quelques mots sur « L’Être contre l’avoir » de Francis Cousin - 17 juin 2014.


La parution de l’ouvrage de Francis Cousin, L’Être contre l’Avoir1 fin 2012, a été un événement marquant pour toutes les personnes intéressées par l’analyse métapolitique du monde actuel et des événements dramatiques mais passionnants qui s’y déroulent.

F. Cousin a exposé, au fil des ouvrages auxquels il a collaboré ces dernières années – parfois de manière anonyme – et à l’occasion d’entretiens diffusés sur internet2, des analyses passionnantes et pertinentes des évolutions de la société, tant dans ses événements les plus récents que sur le temps long.

F. Cousin fait pour cela appel à des bases conceptuelles principalement issues du marxisme, mais aussi du situationnisme et de ce fait, il s’appuie sur un vocabulaire parfois un peu aride pour les lecteurs les moins rompus à cette famille de pensée.

C’est notamment le cas de toute un de partie de ses lecteurs qui, selon les catégories politiques habituelles, sont d’habitude plutôt classé à l’extrême droite3.
Habituellement, une telle proximité d’esprit entre l’extrême droite et l’extrême gauche4 est aisément décelable dans le champ du social et du travail : la justice sociale, les valeurs du monde du travail et de la vie collective, toujours en opposition avec le libéralisme individualiste et libertaire5.

Toutefois, ce n’est pas directement sur la question sociale que F. Cousin bâtit ses analyses, et c’est bien là que son travail s’avère passionnant. Il n’hésite pas en effet à enraciner son questionnement plus profondément, dans le champ métaphysique, en développant, avec un sens de la formule très saisissant, un déferlement inattendu de concepts hybrides tels que, par exemple : "les communautés de l’Être", "le fétichisme de la marchandise", "la tradition falsifiée", "la tradition primordiale de l’Être de la communauté humaine première", "l’enfermement consommatoire dans la bêtification de la marchandise", "l’incendie de l’Être", "la domestication étatique", "la passion de l’Être contre les calculs de l’Avoir", "la communion organique en la vie cosmique", etc.

On le voit, ces formules révèlent une aspiration de l’auteur à dépasser les stricts cadres d’analyse issus du situationnisme ou du marxisme, en s’ouvrant, d’une certaine façon, aux concepts de l’ontologie et en abordant des questions comme de la communion dans l’Être et la Tradition primordiale (ce qui au fond, renvoie à la même chose6).

Pourtant, dans le même temps, F. Cousin émet un jugement très critique à l’égard de l’idée de Tradition, telle qu’elle est généralement acceptée, avec parfois des variations, mais d’une façon constante, par les lecteurs de René Guénon et Julius Evola7, en la taxant de "tradition falsifiée". Cette approche est originale et stimulante, car elle interroge tous ceux, dont je fais partie, qui ont trouvé dans les ouvrages de René Guénon, la grille d’analyse la plus pertinente pour expliquer notre époque.

C’est précisément ce paradoxe qui nécessite des éclaircissements. Mon propos ici n’est pas de critiquer l’approche de F. Cousin, dont j’ai dit plus haut tout le bien que je pensais. Je pense même qu’au contraire, les analyses de F. Cousin peuvent avoir cette vertu salvatrice de pousser les traditionaliste guénoniens, qui peuvent parfois pêcher par excès de dogmatisme, à s’interroger sur des concepts tenus pour acquis.

Bien évidemment, sur une question aussi profonde, les quelques lignes ne suffiront pas pour épuiser le sujet, ni pour se forger un avis définitif. Mais elles peuvent peut-être permettre à certains d’approfondir leur questionnement sur ce point fondamental : fondamental pour comprendre la signification des événements dramatiques qu’est en train de traverser l’humanité et qui vont probablement empirer dans un avenir proche ; fondamental pour contribuer à resserrer les liens entre ceux dont le système du spectacle de l’inversion marchande à voulu qu’ils s’opposent, jusqu’aux pires violences ; fondamental pour comprendre la place, la mission et les conditions d’existence de chacun dans le cycle actuel.

La Tradition falsifiée

Je vais le dire d’emblée très clairement : Pour moi, F. Cousin sur-évalue largement l’opposition qu’il établit entre Tradition primordiale et "tradition falsifiée". Pourquoi ? Simplement parce que la Tradition elle-même nous apprend que lorsque les conditions de la manifestation8 de l’Être l’exigent, la Tradition elle-même doit être reformulée, réadaptée, faute de quoi elle ne serait plus compréhensible (ce qu’il signifie qu’elle serait contrainte à l’occultation, c’est à dire à ne demeurer uniquement sous un aspect ésotérique). Ainsi, la tradition falsifiée que fustige F. Cousin n’est rien d’autre que la réadaptation de la Tradition primordiale aux conditions du cycle de manifestation. Son apparition coïncide effectivement à l’apparition des stocks agraires9, concomitante à la différentiation des castes (dont la Tradition nous dit qu’elles sont apparues progressivement par "spécialisation/séparation" au sein de la caste unique primordiale).

Il en découle que le postulat "de droite"10 qui justifie un ordre social basé la suprématie d’une caste/classe sacerdotale sacrifiant aux dieux pour garantir la constitution du stock agraire11, et dont les privilèges sont garantis d’une main de fer par une caste/classe guerrière/nobiliaire, n’est, du point de vue traditionnel, qu’une réadaptation aux conditions de manifestation cyclique de l’indistinction sociale/fonctionnelle primordiale.

Dans le même temps, cette modalité d’organisation sociale peut effectivement être analysée, comme le fait F. Cousin, comme la première expression de l’exploitation du prolétariat, corollaire de l’apparition du fétichisme de la marchandise (en l’occurrence, des denrées agricoles stockables). De façon symétrique, on observe que l’analyse "de droite", qui voit dans cette organisation sociale un mode de vie plus efficient, permettant aux serfs (4ème caste) de subsister plutôt que de mourir de faim, a aussi un certain degré de pertinence (sous sa forme extrême, c’est ce qui permet à un ancien patron de Nike de déclarer que c’est par philanthropie qu’il emploie des enfants dans le tiers-monde, puisque le salaire qu’ils gagnent leur évite de mourir de faim12).

Ces quelques éléments de réflexion sont bien rapides et parcellaires, mais ils permettent de comprendre pourquoi, à mon avis, F. Cousin est dans l’erreur lorsqu’il oppose, comme il le fait de façon catégorique, Tradition primordiale et "tradition falsifiée".13

Les communautés de l’Être

Comme on l’a vu plus haut, F. Cousin recourt à l’Être de façon extensive. Intuitivement, en relisant les formules qu’il emploie, on perçoit que c’est à bon escient ("les communautés de l’Être", "la tradition primordiale de l’Être de la communauté humaine première", "l’incendie de l’Être", "la passion de l’Être", etc.). Pourtant, nulle part il ne développe clairement son ontologie. Il se limite à une évocation (et peut-être une invocation) de l’Être sur un monde intuitif, quasi incantatoire14.

Il y a peut-être là malgré tout un "acte manqué" tout à fait révélateur : éviter d’expliciter l’Être de façon conceptuelle et "philosophique", c’est aussi éviter d’aborder la Tradition dans ce qu’elle a de plus fondamental.

En effet, la Tradition primordiale, c’est l’Être. C’est quelque chose de difficile à comprendre mais que l’on peut tout à fait appréhender de façon intuitive, comme le fait très justement F. Cousin. Ici non plus, je n’entends pas poser de démonstration inattaquable, à supposer que ce soit possible. Je souhaite simplement donner quelques indications pour ceux qui souhaiteraient aller plus loin, essayer de réveiller quelques intuitions.

Si ma mémoire est bonne, F. Cousin, dans une interview, cite Jésus, qui, lorsqu’on lui a demandé son identité, a répondu : "Je Suis". "Je Suis" est une phrase qui est tout sauf anodine, légère ou insensée : c’est au contraire l’affirmation de la conscience pleine et entière de Son identité véritable, au-delà des limitations du langage humain. Son identité avec quoi ? Son identité avec la seule réalité, à la fois éternelle, immuable, non-duelle. Cette réalité, c’est l’Être. Écarter le voile de l’illusion qui nous incline à nous identifier avec une entité illusoire et temporaire, l’ego, pour nous souvenir de notre identité véritable, que nous n’avons en réalité jamais cessé d’Être, l’identité avec l’Être, voila le cœur de l’enseignement de la Tradition primordiale. Au fond, que pourrait-il y avoir de plus important à transmettre ? Cette transmission, c’est la Tradition. Le message du Christ, c’est : "Je Suis". C’est le même enseignement que nous communiquent, en miroir, Ramana Maharishi lorsqu’il nous questionne : "Qui Suis-je ?"15. Cet enseignement traditionnel central, c’est celui qui se communique directement de maître à disciple depuis l’origine de ce cycle de manifestation, sans être verbalisé, par la simple présence de l’Être. C’est encore et toujours cette lumière qui se communique dans le cœur d’un enfant lorsqu’une personne qui l’aime le prend dans ses bras, dans un amour inconditionnel, éternel, illimité. C’est l’Être, au-delà de la matière et du corps (l’enveloppe de nourriture), au-delà des émotions, au-delà de pensée et de la raison, au-delà des lumières de l’intellect : l’Être, qui ne peut pas être connu car Lui connaît, qui ne peut pas être perçu car Lui perçoit. Le cœur de la sagesse traditionnelle, ce sont les bras d’une mère16, - et c’est aussi, comme le dit F. Cousin, "l’incendie de l’Être de la communauté de l’Être de la communauté humaine première"17.- Cette Tradition primordiale a été transmise par une chaîne continue de centaines (de milliers ?) de générations de sages qui, depuis l’origine de ce cycle historique, transmettent et valident le témoignage vécu et toujours vivant, de la sagesse traditionnelle : "Je Suis". Et comme si cela ne suffisant pas, partout de par le monde, y compris à notre époque et dans notre société moderne, spontanément, des millions de personnes, religieuses ou non, croyantes ou non, ont chaque année des expériences spirituelles spontanées qui transforment leur vie, au cours desquelles ils redécouvrent spontanément l’enseignement fondamental de la Tradition : "Je Suis"18 et consacrent l’essentiel de leur vie à le rayonner.

Mais la Tradition primordiale ne se limite pas se transmettre elle-même par le flux de la vie. Elle transmet aussi selon des modalités étonnamment riches : au travers des mythes, des symboles retranscrit dans l’artisanat, des rites, des chants, des danses collectives, des préceptes moraux, des règles de vie sociale19.

Cependant, la formulation intellectuelle et livresque la plus complète et la plus explicite de la Tradition primordiale se trouve dans le livre le plus ancien de l’histoire de l’humanité, qui soit parvenu jusqu’à nous : le Véda, texte multimillénaire, couché par écrit à une époque ou la transmission orale devint aléatoire20, mais transmis oralement pendant une durée antérieurement beaucoup plus longue encore, formulé à l’origine à une époque où les peuples indo-européens n’avaient pas encore divergé et constituaient un peuple et une civilisation unique21. Le Véda et plus particulièrement sa partie métaphysique (les Upanishads) sont aujourd’hui la meilleure façon d’appréhender l’enseignement traditionnel dont le cœur ontologique, pratiqué, approfondi et validé par des centaines et peut-être des milliers de générations de sages. Pourquoi se priver d’une telle manne de sagesse, qui de surcroît, amène à confirmer les excellentes intuitions dont F. Cousin fait preuve, par exemple lorsqu’il formule le concept de « communauté de l’Être »?22. Au prétexte d’une grille d’analyse marxienne qui ne veut voir dans la spiritualité que la dimension de contrôle social des élites sur les masses ? C’est un peu faible, comme posture…

La société du spectacle

Troisième point que je ne peux aborder que très rapidement, en passant. F. Cousin, on l’a vu plus haut, à recours à la grille d’analyse situationniste pour décrire le "spectacle de la marchandise". Ici non plus, je ne critiquerai pas cette approche puisque au contraire, je la trouve tout à fait pertinente. En revanche, comme précédemment, je voudrais mettre en lumière quelques éléments qui tendent à montrer combien ce schéma d’analyse est parfaitement compatible, à son niveau et avec ses limites intrinsèques, avec les enseignements de la Tradition.

Restons simplement sur les concepts de « société de spectacle » et de « spectaculaire intégré » car ils sont tout à fait centraux dans l’analyse situationniste. Du point de vue de l’enseignement traditionnel, l’asservissement du spectateur au spectacle n’est qu’une illustration de sa déchéance spirituel et de l’actualisation des potentialités de manifestations les plus basses de cette fin de cycle : Oublieux de sa propre identité, le spectateur, vampirisé par des projections fantasmagoriques, se dissout dans la quantité pure des « réalités » fragmentées que sa conscience confère à la pure illusion, par le truchement d’actes perceptifs sans cesse plus canalisés, formatés, répétitifs. Dans le même temps, il abdique (en apparence seulement, c’est là la solution !) sa liberté fondamentale et se trouve prisonnier de son propre acquiescement à rester sous l’emprise du spectacle de l’illusion.

Dans un certain sens, on peut affirmer que l’enseignement traditionnel développe une approche bien plus "radicale" (pour employer un mot cher à F. Cousin) du concept de spectacle que ne le fait le situationnisme, dans la mesure où il lui permet d’appréhender les fondements métaphysique du "spectacle"23, qui résident dans l’illusion de la séparation entre le sujet-spectateur et l’objet-spectacle, entre le sujet-observateur et l’objet-observé24. L’enseignement traditionnel développe à ce sujet une analyse très fouillée du statut de l’observateur et des mécanismes de la perception.

Radicale, la Tradition l’est encore lorsqu’elle propose des méthodes pratiques (exercices spirituels) pour s’extraire du piège de l’illusion des sens, conditionnée par le mirage de la dualité. Ces techniques ont fait la preuve de leur efficacité et face à elles, les manipulations de la société de spectacle sont absolument impuissantes. Là encore, pourquoi se priver d’une telle manne ? Le destin d’un homme de la Tradition en cette phase de fin de cycle, c’est porter le trésor sacré qu’est la sagesse immémoriale de la Tradition, le vivre activement, et contribuer ainsi à l’avènement d’un nouveau cycle historique. Le destin d’un situationniste, c’est l’alcoolisme et le suicide. Choisis ton camp, camarade…

Tel Monsieur Jourdin, F. Cousin est d’une certaine façon un traditionaliste qui s’ignore. Les formules "les communautés de l’Être", "la tradition primordiale de l’Être de la communauté humaine première", "l’incendie de l’Être", "la communion organique en la vie cosmique" qu’il égraine de façon si flamboyante (d’une façon qui rappelle parfois J. Parvulesco), apportent un nouvel éclairage sur les « Grands Temps de l’Origine » et constituent un rappel et une source d’inspiration inattendue pour ces « Hommes au milieu des Ruines », élite occulte des « visages immobiles » qui savent secrètement l’imminence du « Retour de Grands Temps ».

Par E&R Lorraine.
17 juin 2014.


Notes :
1 Éditions Le Retour aux Sources, 2012.

2 Écouter notamment les émissions enregistrées pour Radio courtoisie, Méridien zéro et Le Libre Teamspeak.
3 Les expressions "de droite", "d’extrême droite", "de gauche" et "d’extrême gauche" sont employées ici par souci de simplification, mais il va de soi qu’il ne faut qu’avec la plus grande circonspection, tant les réalités qu’elles recouvrent sont aux antipodes de l’idée qu’on s’en fait habituellement.
4 La fameuse "alliance rouge/brun", dont l’évocation fait frissonner les moutons.
5 La division survient assez rapidement sur la question du mondialisme, l’extrême gauche y étant plutôt favorable car elle y voit l’occasion de fédérer un prolétariat mondial dans sa lutte contre le capitalisme mondial, alors que l’extrême droite y est profondément hostile, car elle pressent que l’enracinement dans les fidélités locales et les patries charnelles est une façon bien préférable de se prémunir contre barbarie et l’hyper-violence destructrice du capitalisme financier apatride agissant sous le couvert du masque libérale-libertaire. A noter qu’au sein de l’extrême gauche, des divergences apparaissent sur la définition des étapes de la fédération de ce prolétariat mondial : d’abord par blocs de pays, ou simultanément dans toutes les zones du globe…
6 Aux lecteurs qui auraient du mal à cerner les concepts de Tradition primordiale, d’ontologie traditionnelle, de dépôt métaphysique primordial, ainsi que l’identité entre le niveau spirituel, métaphysique et ontologique, on ne peut que recommander la lecture des livres de René Guénon, et plus particulièrement ses exposés de métaphysique traditionnelle : « Les États multiples de l’Être », Guy Tredaniel, « L’Homme et son Devenir selon le Vêdânta », Ed. Traditionnelles, « Le Symbolisme de la Croix », Guy Tredaniel. NB : cet article cite abondamment des références guénoniennes pour permettre au lecteur peu au fait de l’œuvre de René Guénon de mieux s’y repérer.
7 La pensée traditionnelle n’a pas grand rapport avec le traditionalisme chrétien. Voir l’ouvrage de Mark J. Sedgwick : « Contre le Monde moderne – Le Traditionalisme et l’Histoire intellectuelle secrète du XXé siècle », Dervy, 2008
8 Sur « les conditions de la manifestation » abordées dans une perspective métaphysique et métahistorique, voir par exemple René Guénon, « Formes traditionnelles et cycles cosmiques », Gallimard, 1970
9 Voir Marshall Sahlins, Âge de pierre, âge d’abondance : « L’économie des sociétés primitives » (traduction française de « Stone Age Economics », Gallimard,‎ 1976
10 CF. note 3.
11 Il est tout à fait possible que la relation de dépendance et d’asservissement de l’homme à l’agriculture soit à l’origine la résultante d’une relation chamanique de pouvoir entre l’homme et la plante, telle qu’on en connaît aujourd’hui encore dans différentes parties du monde. À ce propos, voir le documentaire « D’autres mondes », réalisé par Jan Kounen.
12 Du point de vue traditionnel, cette vision a aussi hélas une certaine pertinence puisqu’on constate qu’en cette phase d’obscurcissement cyclique, les enfants du tiers-monde, arrachés à la société traditionnelle qui, elle seule, le donnait les cadres leur permettant de s’épanouir, se trouvent jetés sur le marché de la main d’œuvre et meurent de faim, effectivement, lorsqu’ils ne travaillent pas.
13 On devrait plutôt parler de « tradition reformulée », l’idée de falsification paraît plus proche des notions guénonienne de « contre-tradition » ou d’ « anti-tradition » au sujet desquelles on peut lire R. Guénon, « Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps », et se souvenir de vieil adage qui dit que Satan n’est au fond que le singe de Dieu.
14 Il n’y a là aucune critique, au contraire : la Tradition enseigne que c’est par l’intuition intellectuelle que l’on peut appréhender (co-naître) le mystère de l’Être de la façon la plus simple et la plus immédiate, et obtenir ainsi la confirmation de la validité des doctrines transmises par l’étude des textes.
15 Sur l’enquête spirituelle « Qui qui-je ? », on peut lire par exemple « Les enseignements de Ramana Maharshi », Albin Michel, ou « Je suis », Sri Nisargadatta Maharaj, Les deux Océans,
16 On peut noter en passant l’inversion "satanique" et anti-traditionnelle que constitue la PMA, qui remplace l’amour inconditionnel entre la mère et son enfant par un lien marchand : l’enfant-marchandise acheté sur marché par des sodomites satanistes, le ventre-moyen de production de la femme, mis sur le marché mondial des facteurs de production.
17 Du point de vue de la tradition, cette "communauté humaine première" peut probablement être assimilée à l’humanité primordiale de l’âge d’or.
18 Sur ces expériences spontanées, « La Source Blanche » , Patrick Van Eersel, Le livre de poche.
19Voir les ouvrages de Mircea Eliade.
20 C’est un exemple d’adaptation de la transmission de la Tradition aux conditions de manifestation du cycle.
21 Ce point est important, quoique à ma connaissance jamais relevé, qui permet de bien comprendre que l’étude du Véda pour un occidental n’est absolument pas une fantaisie exotique mais l’étude des textes sacrés et des doctrines qui imprégnaient ses propres ancêtres, bien avant cette importation orientale récente qu’a été le christianisme.
22 Lecture conseillée pour les anglophones : Dennis Waite, « Back to the Truth, 5000 years of Advaita », traduit en français sous le titre « L’Advaita Vêdânta Théorie et Pratique » Ed. Almora, à mon avis moins captivant que l’original.
23 On peut lire par exemple, le traité classique : "Comment discriminer le spectateur du spectacle ? Drg-Drçya-Viveka" traduction par M. Sauton selon la version anglaise du Swami Nikhilânanda. Ed. Maisonneuve, réimp. 2000.
24 À ce propos il y a aussi des liens très intéressants à faire avec les découvertes les plus récentes de la physique quantique. Voir par exemple Amit Goswami, « Physics ou the Soul », Hampton Roads publishing company.

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