Recension de « Chroniques du mondialisme » de Pierre Hillard sur « Boulevard Voltaire ».

Publié le : 30/01/2015 06:56:00
Catégories : Actualités des éditions Le Retour aux Sources , Auteurs , Pierre Hillard , Recensions

Le mondialisme, objet d’étude du dernier ouvrage de Pierre Hillard – contributeur aussi consciencieux que talentueux de Boulevard Voltaire –, suscite autant la fascination que la répulsion. Ce spécialiste, docteur en science politique, y travaille depuis près de quinze ans.


Chroniques du mondialisme, recueil d’articles publiés sur ce site depuis sa fondation en octobre 2012, s’avère une excellente introduction à ses travaux antérieurs que sont, notamment, Minorités et régionalismes dans l’Europe fédérale des Régions (2001), ou La marche irrésistible du nouvel ordre mondial (2007). Les lecteurs pressés ou paresseux – voire, tout simplement, ses contempteurs les plus acharnés – classeront hâtivement M. Hillard parmi les conspirationnistes obsessionnels.

Cependant, tous font l’économie d’un effort intellectuel exigeant mais toujours récompensé, pour peu que l’on examine froidement et impartialement les preuves et arguments au soutien de sa thèse. Pour l’auteur, le monde est mis en coupe réglée par une oligarchie technocratique, économique, financière et politique dont l’objectif est l’instauration d’une « gouvernance » mondiale réticulaire où – conformément à l’utopie saint-simonienne – l’administration des choses se substituerait au gouvernement des hommes, réduits à des monades déracinées, transfrontières, métissées et transsexuées, dont les plus vils instincts sont flattés par la « mégamachine » – terme emprunté à l’économiste décroissant Serge Latouche – du consumérisme de masse.

Mais l’apport principal de l’ouvrage réside dans un avant-propos substantiel et inédit, aux termes duquel notre universitaire s’emploie à décrire l’incroyable « métaphysique » qui irrigue l’idéologie mondialiste. S’adossant à la tradition catholique anté-conciliaire, l’auteur, après avoir observé que « dès les débuts du christianisme, une bataille s’engage entre les agents de la synagogue et de l’Église », estime que le mondialisme est le fruit victorieux de cette confrontation multiséculaire. Et d’expliquer que « cette opposition systématique s’est traduite pour la synagogue par un contre-projet spirituel et politique » appelé le « noachisme », religion universelle qui gomme la distinction du temporel et du spirituel introduite par le christianisme et consistant à conduire l’humanité (les non-Juifs ou « Gentils ») sous la direction « d’un peuple prêtre (le peuple juif), ce dernier étant l’intermédiaire, et le seul, entre le genre humain encadré religieusement et politiquement d’un côté, et le Dieu unique de l’autre ». Ce faisant, la « répartition définie de la mission des Juifs et du rôle attribué aux Gentils à l’échelle planétaire consiste à mettre un terme définitif au message traditionnel du Christ et de son Église, ainsi qu’à renverser la politique des États s’inspirant de son enseignement ». Il en conclut alors que, selon cette doctrine et « afin de mener à bien les points défendus par la synagogue, il s’avère nécessaire de parfaire les structures politiques favorisant une gouvernance mondiale ». CQFD.

Est-il permis d’être en désaccord avec un postulat aussi décoiffant ? Et le pourrait-on, quand l’auteur avance des (cyber-) preuves matérielles pour étayer son propos ? Quoi qu’il en soit, on ne peut rester indifférent. À lire et à relire.

Aristide Leucat
mai 2014.
Sur Boulevard Voltaire.

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