Recension de "Essais" de Michel Drac sur "Galliae"

Publié le : 11/08/2014 06:14:24
Catégories : Actualités des éditions Le Retour aux Sources , Auteurs , Michel Drac , Recensions

« Nous avons compris également pourquoi le pouvoir nous incite à aimer la paix [ou ce qui est prétendu tel] plus que tout : c'est parce qu'ainsi, nous l'aimerons plus que la liberté. »


Michel de Montaigne a inauguré le genre. Depuis, beaucoup l'ont suivi, avec plus ou moins de succès. Récemment encore, un pavé de Philippe Muray relevait avec succès un défi scripturaire et intellectuel de premier plan. C'était donc un pari risqué que Michel Drac faisait en publiant fin 2013 ses Essais1 à lui.

Soyons francs : l'ouvrage n'est pas des plus aisés à lire et, compte tenu de son imposant volume, il demande à son lecteur beaucoup de temps et d'attention à la fois. Mais, dans l'ensemble, les idées développées sont très intéressantes, et le concept du volume est bon : à partir de discussions contributives sur Scriptoblog(la « démocratie participative » de Ségolène Royal est donc mise en œuvre par ceux qui l'aiment et l'écoutent le moins), l'auteur – Michel Drac – parvient à mettre en forme, avec ordre et intelligence, plusieurs essais ainsi dénommés : « Cèfran »2, « De la souveraineté », « La question raciale », « Crise ou coup d'État », « Crise économique ou crise du sens ». C'est un grand mérite pour Le Retour aux Sources que d'avoir publié un tel livre, que de très – trop – nombreux auteurs dévirilisés auraient facilement – fallacieusement ? – jugé « trop sérieux », « trop cérébral ».

Les différents membres des discussions d'origine étaient d'obédiences fort diverses, entre catholique, athée, juif… Nul besoin d'être d'accord avec tout (par exemple avec une analyse psychologique peut-être trop scientiste de Gobineau). L'important est de se questionner, et d'accueillir avec bonne volonté les analyses développées, pour beaucoup d'une actualité – et donc d'une pertinence – étonnante, comme peuvent en témoigner les titres des deux derniers essais : « Crise ou coup d'État » et « Crise économique ou crise du sens ». Ce mot « crise » qui préoccupe tant nos contemporains…

Globalement, les thèmes les plus précisément abordés sont les notions de race (et donc d'ethnie), de nation, d'État, d'Europe (l'Union européenne est prise en grippe : « notre Zérope n'est pas chrétienne : elle adore Mammon, elle est fondamentalement satanique », p. 19), de souveraineté, de guerre et de paix, de France (le terme francité n'étant pas des plus euphoniques)… En bref, des fondamentaux de la pure philosophie politique – et sociale.

Généreux en arguments d'ordre historique, en majorité bien sentis, nous lisons des remarques fort intéressantes, et peut-être inédites, telles que : « la formule rituelle “nos ancêtres les Gaulois” permettait […] à la république maçonnique de se proclamer plus ancienne que la France dont elle était née – une France chrétienne que les bouffeurs de curé radicaux-socialistes ne portaient pas précisément dans leur cœur. Accessoirement, les Gaulois fournissaient aussi un parfait exemple en matière de défaut de centralisation. Leur défaite avait démontré que pour être forte, il fallait que la nation fût unie par un État fort. » Alors, aussi bien politiquement que culturellement, ne nous laissons pas avoir en nous embarquant sur ces sentiers gaulois, comme certains hommes politiques du Front national et réputés « de droite » : ce n'est que donner dans un piège grossier !

Mais l'idée la plus originale, la plus novatrice, et sans doute le but de l'ouvrage tout entier, est bien celle d'un projet fractionnaire. Une espèce de sécession de l'intérieur, qui ressemble en grande partie au rêve d'une Nouvelle-France (elle, plus physique, acceptant une terre étrangère) développé il y a peu par la gazette Nouvelles de France.

Galliae, média royaliste.
Jean de Fréville
04/08/2014

DRAC (Michel), Essais. Cèfran – De la souveraineté – La question raciale – Crise ou coup d'État – Crise économique ou crise du sens, La Fenderie, Scribedit – Le Retour aux Sources, 2013, 668 p., 20,10 €.
Pour nos lecteurs qui seraient aussi ignorants que nous l'étions il y a encore quelques jours, « Céfran » est simplement l'envers phonétique de « Français ».

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