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Retour sur Maïdan : quelques jours à Kiev (novembre 2016) | Par Lucien Cerise (1/4)

Publié le : 21/11/2017 12:28:05
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Retour sur Maïdan : quelques jours à Kiev, novembre 2016 – Lucien Cerise (1/4). Reportage Le retour aux sources éditeur.



Kiev, Ukraine. Place de l’Indépendance, dite Maïdan...

Vue depuis la passerelle qui enjambe la rue Institoutska (Інститутська вулиця), artère longeant Maïdan et dont cette partie a été renommée en janvier 2015 « Allée des Héros de la Centurie céleste » (Алея Героїв Небесної Сотні), en mémoire des victimes du coup d’État....

C’est là que débutait le 21 novembre 2013 la deuxième révolution colorée d’Ukraine en l’espace de dix ans, après la Révolution orange de 2004, c’est-à-dire un deuxième putsch, possédant les mêmes soutiens étrangers et les mêmes motifs – dissocier totalement l’Ukraine de la Russie pour l’intégrer dans le système occidental – mais qui allait dériver cette fois-ci en guerre hybride et plonger ce pays dans un chaos dont les secousses sismiques se ressentent jusqu'en Europe de l'Ouest.

Le crépuscule des dieux ? Avec son architecture totalitaire et sa forme qui combine le cirque romain et l’amphithéâtre grec, Maïdan est une scène wagnérienne, faite pour le spectacle total et l’orchestration de mouvements de foule qui offriront de belles images de manifestations à destination des médias.

Origine de l’image : « Le Partenariat spécifique OTAN-Ukraine a 20 ans : quels enseignements pour l'avenir ? », Revue de l’OTAN, 04 juillet 2017.

Extrait de l’article où l’on retrouve en deux phrases tous les éléments de langage atlantistes de la légende médiatique des événements :

« En 2014, au lendemain de la « révolution de la dignité » (aussi appelée « Euromaïdan ») et de la destitution du président Viktor Ianoukovitch, la Russie choisit délibérément de déstabiliser l'est de l'Ukraine et annexa illégalement la Crimée. En réaction, l'Alliance mobilisa des ressources considérables pour renforcer l’aptitude de l’Ukraine à assurer sa propre sécurité. »

Commentaire : des ressources considérables, effectivement. Les changements de régime sont des opérations de technologie politique très coûteuses, et les fondations de George Soros sont bienvenues quand il s’agit de remplir les rues avec des manifestants payés pour donner l’apparence d’un vaste consensus populaire..

« George Soros sur CNN à propos de l'Ukraine », CNN, 25 mai 2014.


Sur le flanc nord de Maïdan, la fameuse horloge fleurie avec le drapeau de l’Union européenne (vue depuis la passerelle pour piétons). Le slogan « Слава Україні – Героям слава » (« Slava Oukraïni – Gueroyam slava », « Gloire aux héros – Gloire à l’Ukraine ») est utilisé depuis les années 1920 par les nationalistes ukrainiens, en particulier ceux ayant collaboré avec les services secrets anglo-américains et le Troisième Reich autour de Stepan Bandera (1909-1959), ou qui reconnaissent Bandera en tant que figure tutélaire (bandéristes) : Azov, Svoboda, Pravy Sektor, Secteur Droit en français, etc.

« Secteur Droit. La Grande Reconquête ukrainienne », 24 février 2014.

Sous l’horloge, on distingue les photos, bougies et stèles en l’honneur des martyrs de la Centurie céleste (Небесна сотня, Nebesna Sotnya), morts dans les combats de rue, victimes de cette Ukraine laboratoire du mondialisme qui parvient à hybrider le néonazisme avec l’Union européenne immigrationniste et LGBT dans une synthèse post-moderne incarnant le chaos primitif et l’indifférenciation satanique, mais toujours sous-tendue par une logique implacable et obsessionnelle : attaquer la Russie.

« Des milliers d'Ukrainiens défilent pour célébrer un héros nationaliste »,
Euronews, 2 janvier 2014.


Vu de la passerelle : l’hôtel Ukraïna (Готель Україна), qui surplombe Maïdan et depuis lequel des révolutionnaires ont tiré sur la foule et les forces de l’ordre le 20 février 2014, causant l’essentiel ce jour-là des 130 morts de la Centurie céleste.

« Le coup monté de la fusillade de Maïdan enfin dévoilé », Arrêt sur info, 17 novembre 2017.


Commémoration de l’Holodomor sur Maïdan, au pied de la colonne (on devine l’hôtel Ukraïna à droite de l’image et l’horloge fleurie euro-nazie derrière l’écran).

D’après Wikipédia : « Le terme Holodomor (ukrainien : голодомо́р, littéralement « extermination par la faim ») désigne la grande famine qui eut lieu en Ukraine et dans le Kouban en 1932 et 1933 et qui fit, selon les estimations des historiens, entre 2,61 et 5 millions de victimes. Créé par fusion des mots holod (en ukrainien, la faim, la famine) et moryty (tuer (par privations), affamer, épuiser) ce terme prête à cette famine un aspect intentionnel. L'événement se produisit dans le contexte plus général des famines soviétiques, mais le nombre particulièrement élevé de victimes et les caractéristiques de la famine ukrainienne lui confèrent, selon certains, une spécificité. »

Commentaire : s’il existe une querelle des historiens sur la nature intentionnellement provoquée de cette famine des années 1932-1933, en revanche tout le monde s’accorde sur l’origine soviétique du terme « Holodomor », qui apparaît pour la première fois en URSS dans l’édition du 18 février 1988 de la revue Literaturna Ukraina, sous la plume d’Oleksa Musiyenko. La thématique de « l’holocauste ukrainien » a été lancée quant à elle en 1978 par un émigré ukrainien en Amérique du Nord, Vasil Hryschko, dans la première édition de son ouvrage The Ukrainian Holocaust of 1933, publié en 1978 à Toronto. Par ailleurs, les deux photos « Scènes de rue à Kharkiv » de la page Wikipédia ont quelque chose d’étrange et contre-productif : pour attester de l’horreur de l’Holodomor, on nous montre des cadavres apparemment morts de faims dans la rue, mais entourés de gens manifestement bien portants et plutôt indifférents. L’iconographie et les éléments de langage des lobbies européistes sont un peu plus convaincants. En 2015, leur principal média, Euractiv, reprenait une narration ayant fait ses preuves.

« Remembering Holodomor », Euractiv, 26/11/2015.

« Unfortunately, Russia’s leadership has no intention of distancing itself from the legacy of Stalinism. While the Soviet past is glorified, covert Russian aggression that has already killed eight thousand Ukrainians in Donbas, strongly reminding us of the bloody past.
In the meantime, Russia’s annexation of Crimea, a part of sovereign Ukraine, provides us with another strong reminder of the Stalin era.

Having annexed the Crimea, the Kremlin goes to further extremes, following the KGB’s “best practices”. Under the pretext of “fighting against extremism” a new campaign, including the ethnically and politically-motivated persecution of Crimean Tatars, has been launched, with the goal of expelling non-loyal residents of the peninsula. »

Fin de la première partie.

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