Évènement

Sainte Jeanne d'Ati

Publié le : 05/05/2008 00:00:00
Catégories : Archives Scriptoblog (2007-2013) , Articles par intervenants , Articles par thèmes , Marc Hetti , Politique

jeanne

Pour le 8 mai 2008, notre bien-aimé président de la République, étant occupé ailleurs, a missionné pour le représenter au traditionnel défilé de Jeanne d’Arc à Orléans notre Garde des Sceaux Rachida Dati.

Une double-nationale franco-algérienne de religion musulmane présidera donc la cérémonie honorant une autre femme, sainte de l’Eglise catholique et patronne de la France d’avant, pour avoir « bouté les anglais hors de France » et contribué en premier chef à l’émergence d’un sentiment national français. Erreur de casting d’un sous-conseiller débordé et au bord de la crise de nerf, pensez-vous ?

Eh bien pas du tout : nous sommes au contraire persuadés que ce choix est parfaitement délibéré et qu’il s’inscrit dans une stratégie à l’œuvre depuis bien longtemps déjà : l’écrasement de la mouvance nationale et identitaire dans notre pays, afin de permettre à l’UMP de conserver le pouvoir en favorisant l’émergence à l’extrême-gauche d’une opposition artificielle empêchant le PS de reprendre le pouvoir. Bref, le retour à l’envoyeur de la montée du Front National dans les années 80, stratégie qui a si bien réussi à Mitterrand. Michel Drac a d’ailleurs très bien expliqué cela récemment.

Mais cette manipulation n’est viable que si l’opposition issue de la droite nationale redevient électoralement au poids groupusculaire que pesait le Front National dans les années 70 (1 %).

Cette stratégie a dans un premier temps consisté à reprendre le discours du Front National après avoir bien fait comprendre à ses électeurs qu’ils n’arriveraient JAMAIS au pouvoir de manière démocratique. Après les 15 jours de la haine entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2002, ce fut le tour du kärcher et du ministère de l’identité nationale. Les dernières élections municipales ont démontré la pertinence de cette stratégie, puisque les anciens électeurs de Le Pen passés chez Sarko se réfugient dorénavant dans l’abstention. C’est simple, ils n’y croient plus. D’ailleurs, Le Pen leur disait dans les années 80 que dans 20 ans, il serait trop tard, alors dès lors qu’on y est…

Maintenant que les électeurs les moins motivés ont fui, le second étage de la fusée consistera à dégoûter ceux qui restent. Et pour cela, la stratégie retenue, c’est l’éradication. Mais pour que celle-ci « passe » dans la population, il faut un prétexte. Bref, un incident justifiant par ricochet de nouvelles limitations à la liberté d’expression, de réunion, de manifestation visant cette fois directement les organisations représentatives de l’opposition nationale et identitaire. Comme l’affaire de Carpentas a permis l’adoption de la loi Fabius-Gayssot condamnant le révisionnisme.

Cet incident, pour advenir, doit être provoqué. En effet, s’il est un éloge que l’on peut faire aux militants de la cause nationale et identitaire, c’est leur sang-froid sur le terrain. Le temps est loin des skinheads apprenant aux immigrés à 'nager dans la Seine' – comme ils disaient. C’est plutôt les représentants de l’Etat qui pratiquent aujourd’hui ce genre de sport avec les clandestins.

Donc on assiste depuis quelques temps à une multiplication des provocations visant à faire perdre leur sang-froid aux militants nationalistes et identitaires, sachant que le moindre dérapage pourra constituer le prétexte recherché. Les provocations ne sont pas toujours à deux balles, comme ici l’envoi de Rachida Dati aux fêtes de Jeanne d’Arc. Elles prennent également la forme d’acharnements judiciaires contre des militants (l’identitaire Philippe Vardon en sait quelque chose…) ou leurs actions (interdiction des « soupes au cochon »). Et la tension monte, inexorablement…

Est-ce que la stratégie du Pouvoir marchera ? Franchement, il est véritablement extraordinaire que les militants visés aient jusqu’à présent réussi à garder leur sang-froid malgré toutes les avanies que notre pays et eux-mêmes subissent en permanence. Donc le prétexte arrivera fatalement et il nous faut dès à présent nous préparer à la plongée dans les catacombes qui s’ensuivra.

Et en attendant ce moment inévitable, il faut continuer à tenir le cap en serrant les dents. Pour ma part, je ne peux m’empêcher de penser à cette photo d’une de mes cousines en armure qui trônait dans le salon de mes grands-parents. Ma cousine, une superbe blonde aux yeux bleus, avait incarné Jeanne d’Arc le temps d’un défilé du 8 mai à Orléans. Et mon cœur se serre quand je pense qu’une prochaine provocation sera probablement une Pucelle d’Orléans issue de cette « diversité » aujourd’hui incarnée par la représentante du chef de l’Etat au défilé du 8 mai.

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