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Saluer un homme libre par Pascal G. Lassalle

Publié le : 16/04/2018 12:31:33
Catégories : Recensions

Patron du « Libre-Journal des Lycéens » en semaine C à Radio Courtoisie et co-fondateur de Méridien Zéro, PGL défend avec force et conviction le mouvement nationaliste-révolutionnaire ukrainien en France.

Europe Maxima met en ligne sa recension d’un ouvrage écrit par un volontaire français parti au Donbass combattre aux côtés des indépendantistes pro-russes. Ses propos risquent de déplaire. Tant mieux ! L’Esprit européen aime la disputatio.

La Rédaction d'Europa Maxima
14 janvier 2018


J’ai terminé à 4 h la lecture du livre de Frédéric Lynn, Les hommes libres, publié par les Éditions Bios qui m’en ont fait parvenir un service de presse.

Disons-le tout net, j’ai aimé ce livre entamé vendredi soir et j’ai eu du mal à me détacher de cette prose captivante, sinon pour m’accorder une ou deux pauses cinématographiques.

L’ouvrage présente sur la forme des qualités d’écriture et d’évocation certaines, naturaliste, dépouillé, sans effets, emphase ou lyrisme superflus : du brut, pas des orages d’acier à la Jünger.

J’y perçois surtout instinctivement beaucoup de sincérité chez un gamin devenu homme au contact de certaines réalités que ne permettront jamais d’appréhender tous les claviers d’ordinateurs du monde.

L’auteur se met presque à nu, avec pudeur et retenue, parfois avec quelques regrets circonstanciés, sans pour autant se repentir comme il est de mode en ces temps de déréliction.

Il ne nous épargne pas grand chose de ses turpitudes, doutes, erreurs, errements ou petites lâchetés.

Certains « unitaires continentaux » avec lesquels il s’est fourvoyé en prennent pour leur grade, sans parler de l’impéritie, l’ivrognerie et les travers très russes et post-soviétiques des acteurs locaux.

En plus de refléter un parcours existentiel, un passage à l’âge adulte, le livre apparaît indéniablement comme un précieux document pour l’Histoire, offrant une photographie, certes partiale et partielle, de plusieurs secteurs du front du Donbass, côté séparatiste, à un moment donné : l’auteur ne cache pas avoir voulu s’extirper des pièges de la propagande et de l’idéologie.

J’y ai appris beaucoup de choses que l’on aurait d’ailleurs pu retrouver à moult égards chez ceux d’en face : l’adversaire ukrainien n’est jamais caricaturé (le bataillon Azov, par exemple, semble-t-il à l’origine d’une blessure légère, mais marquante pour l’auteur, ne sortira pas amoindri de ce récit pour les rares fois qu’il est évoqué).

J’ai fait la connaissance de Lynn lors d’une émission de Méridien Zéro, bien avant le déclenchement des événements en Ukraine et son départ du côté séparatiste.

Il professait alors des vues passionnément néo-eurasistes qui devaient susciter un nécessaire débat en nos rangs, position à laquelle je me suis personnellement tenu le plus longtemps possible, jusqu’aux appels aux meurtre d’Ukrainiens éructés publiquement par un Alexandre Guelievitch Douguine.

Durant son aventure sur place, je me suis efforcé de garder un ton cordial et mesuré à l’égard de l’auteur, sûrement en respect envers un jeune homme qui avait mis sa peau au bout de ses idées, même si c’était dans le camp d’en face et que les passions étaient beaucoup plus aiguisées qu’aujourd’hui.

Peut-être, oserais-je confesser pour une fois, me faisait-il penser à un jeune homme à peine plus âgé, qui, un printemps 1993, fut fortement tenté de partir en volontaire sur un front de guerre balkanique, mais n’en fit finalement rien ?

L’auteur, lors d’un rapide passage à Paris, après son départ définitif du Donbass, avait souhaité me revoir. Cela n’avait pu se faire, mais il avait voulu, en signe de « réconciliation », me faire passer un drapeau national ukrainien, qu’il m’avait dit avoir récupéré sur le terrain.

Certains amis et camarades, ardents soutiens du peuple et de la nation ukrainiens vont sûrement s’agacer, voire s’indigner de ces quelques lignes pour lesquelles je sais pouvoir risquer de susciter leur incompréhension et leurs critiques.

Je les rassure, je suis vacciné contre le syndrome de Stockholm et j’espère surtout, contre le fanatisme, l’étroitesse et la sécheresse d’âme et d’esprit, et surtout la connerie…

Oui, je recommande la lecture dépassionnée et curieuse, de ce livre, que je pense largement sincère et honnête, et pour l’auteur duquel j’éprouve, sinon de l’estime, au moins un minimum de respect.

Comme je le dis souvent, la manière de faire les choses importe autant, sinon plus que les choses elles-mêmes.

Je pense d’ailleurs que les plus vives critiques de ce livre viendront de ceux qui l’ont longtemps soutenu tant l’ouvrage vient ébranler et briser certaines illusions sur ce Pandémonium mafieux qu’est devenu le Donbass.

Mes piques, je préfère les garder pour les cons qui dépassent les bornes, les agents d’influence stipendiés par une puissance étrangère et les cuistres arrogants du Facho-Boboland parisien…

Слава Україні !

Pascal G. Lassalle
14 janvier 2018.

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