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Un homme debout au milieu des ruines...

Publié le : 17/01/2018 12:11:28
Catégories : Actualités des éditions Le Retour aux Sources , Auteurs , Jean-Michel Vernochet , Recensions

Note de lecture : « La guerre civile froide – Gauche vs Droite ou la Théogonie républicaine » de Jean-Michel Vernochet.
Éditions Le retour aux sources, 199 pages.


Jean-Michel Vernochet, lors d'un entretien vidéo de présentation de son livre...

La Théogonie républicaine est  une autopsie en bonne et due forme du chaos moral et politique dans lequel se décompose lentement mais surement le Vieux Continent. Après avoir tué dieu, il a bien fallu le remplacer par autre chose ; et, par définition, dès lors que l’on se coupe de l’anse divine, la longue chute ne peut qu’entrainer au fond de la géhenne : « l’enfer pour tous ».

L’auteur s’y attaque aux diverses supercheries qui ont voulu remplir de leur vide les abysses dans lesquelles l’homme moderne s’est jeté. Pour ce faire, elles ont été portées au pinacle par de roués instigateurs. Les idéalités républicaines dévoyées ne reposant elles-mêmes que sur un socle fébrile, démonique : celui qui, après avoir voulu incarner dieu en l’homme, décide logiquement de décapiter ce dernier. Du sang du Roi de France émanèrent alors de ténébreuses Lumières. Par conséquent, le transhumanisme en est la suite logique : après le meurtre de Dieu, vient la liquidation de l’homme, afin de le remplacer à son tour par encore plus d’infra-humanité.

Le Malin, quant à lui, fit une promesse : il suffit de suivre le processus sans se laisser tromper par ses multiples avatars au cours de l’histoire sensible et accessible.

Dans une dimension du Kali Yuga complètement affaissée dans l’infrahumain, l’odeur de la République moribonde monte aux narines, nous faisant presque oublier la  hideur de nos sociétés modernes atteintes de schizoïdie. Les super Valeurs réputées universelles et les paradigmes qui les supportent, n’ont certes pas toujours eu le même sens et même contenu de tout temps et pour tous, mais leur matrice intrinsèque, méta-idéologique  est assurément en train de mener le monde à sa perte. L’auteur dans un premier temps se propose de s’adonner à la douloureuse tâche de définir ce qu’est devenu aujourd’hui la gauche et la droite dans l’imaginaire collectif.

La nuance est de taille, tant il existe un gouffre colossal entre la réalité et la perception, elle-même franchement mise en chantier, qu’en cultivent les masses.

C’est alors qu’une question se pose à nous : notre société ne serait-elle pas, précisément, malade de la démocratie, n’est-ce pas ce qui serait en train de la tuer ? Cette dernière ne serait-elle pas précisément cette solution acide qui précipitera la liquéfaction de l’incivilisation occidentale, celle-là même qui a atteint l’acmé de la démonie des mœurs ?

La gauche comme la droite sont à l’image de ces hommes politiques censés les représenter : des marionnettes dans un théâtre de guignols grâce auxquelles les gens brassent du vent, perdent leur temps, et se délectent dans la médiocrité et l’ignominie. Pendant ce temps, les instigateurs mélangent le chaudron des idéologies, des misères sociales, des détresses existentielles.

Cet ouvrage, rare, et incisif dans son style, est au final une profonde réflexion de philosophie du chaos politique. Il pose frontalement la question du Mal, du lien entre sa propagation et l’abolition du réel, Dieu étant LE réel absolu, à travers des exemples historiques et contemporains touchant à des domaines tels que l’éducation, le LGBTisme, l’ingénierie sociale, la pathocratie, la métapolitique.

Jean-Michel Vernochet est un homme debout au milieu des ruines. Les médias dominants diagnostiqueront certainement une complotite aiguë. Emanant des promoteurs du suicide collectif, un tel diagnostic mériterait bien l’heure venue, pour un auteur aussi vertigineux, la consécration d’une place au Panthéon !

Un livre à mettre entre toutes les mains de ceux qui s’intéressent à la politique profonde. Dans l’attente d’un tome II où des solutions de bons sens pourraient être développées en vue d’un salvateur et urgent retour au réel.

Amina Hocine
Doctorante en psychosociologie
Université de Nankin – Chine.

* Voir « La fabrication du consentement. Noam Chomsky et les médias » 1992. In The Online Encyclopedia of Mass Violence.

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