Vincent Peillon veut enseigner la haine ! | Par Adrien Abauzit

Publié le : 14/03/2014 18:12:04
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Curieux de connaître précisément la sauce à laquelle nous sommes mangés et poussés par notre amour pour notre pays, nous nous sommes infligés la très pénible lecture du livre au titre inquiétant de Vincent Peillon, La Révolution Française n’est pas terminée.


Dans cet ouvrage publié en 2008, celui qui à l’époque n’était pas encore notre Ministre de l’Education nationale confesse ouvertement que le rôle de l’école est d’organiser la défrancisation de la France.

Le serpent de la Révolution se mord la queue

M. Peillon, avec une très grande franchise, nous expose sa vision de la Révolution et de la République, qu’il fond d’ailleurs l’une dans l’autre. Nous conseillons au lecteur de se frotter les yeux avant de lire ce passage afin qu’il s’assure de ne pas être en train de rêver :

« Née de la Révolution, la République doit fonder une légitimité sur une insurrection, un ordre sur un désordre, une tradition sur une rupture, une autorité sur une hubris. C’est la question de l’auto-institution du politique, question récurrente et distinctive du régime républicain. Il faut engendrer l’origine, il faut se précéder soi-même. Pour n’y avoir pas réussi, la Révolution a échoué. Tel est le jugement de Michelet : « Elle tournait dans un cercle vicieux. Il fallait des hommes pour faire la révolution ; et pour créer ces hommes, il eût fallu qu’elle fût faite. » Mais Michelet ne fait que reformuler ici, dans sa propre langue, ce qui était déjà le paradoxe du Législateur énoncé par Rousseau dans le Contrat social. La République ne peut être elle-même, et construire sur des bases nouvelles un monde et un homme nouveau, qu’à la condition de se précéder elle-même et de s’engendrer elle-même. Cercle vicieux, nous dit Michelet, et tout l’enjeu pour les républicains sera précisément de transformer ce cercle vicieux en cerce vertueux. »

Traduction : la Révolution est un serpent qui se mord la queue. Le paradoxe est le suivant. La République, fille ainée de la Révolution, veut créer un homme nouveau. Mais cet homme nouveau est impossible à créer sur les bases de l’ordre ancien. Comment sortir alors de cette impasse ?

L’Education nationale, Eglise de l’Antifrance

Puisqu’on ne peut créer l’homme nouveau sur des bases anciennes, alors une décision s’impose : il faut liquider l’ordre ancien. Et c’est à l’école que cette tâche sera dévolue. A nouveau, le lecteur ne rêve pas :

« D’où l’importance stratégique de l’école au cœur du régime républicain. C’est à elle qu’il revient de briser ce cercle, de produire cette auto-institution, d’être la matrice qui engendre en permanence des républicains pour faire la République. République préservée, République pure, République hors du temps au sein de la République réelle, l’école doit opérer ce miracle de l’engendrement par lequel l’enfant, dépouillé de toutes ses attaches pré-républicaines, va s’élever jusqu’à devenir le citoyen, sujet autonome. C’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle Eglise, avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la Loi. La société Républicaine n’a pas d’autre choix que de s’ « enseigner elle-même », d’être un recommencement perpétuel de la République en chaque républicain, un engendrement continu de chaque citoyen en chaque enfant, une révolution pacifique mais permanente. »

Voilà donc à quoi sert l’école : à dépouiller l’enfant de ses « attaches pré-républicaines », attaches issues de l’ordre ancien. Quelles sont ces attaches ? Les attaches culturelles, familiales, religieuses, politiques, philosophiques et historiques pour ne citer qu’elles. L’idée est de supprimer chez l’enfant tout ce qui peut potentiellement lui être transmis par une autre institution que l’Education nationale. L’enfant doit abdiquer tout ce qui permet à un être normal de se structurer.

Une fois ce dépouillement réalisé, s’opère le « miracle de l’engendrement », de la « nouvelle naissance », de la « transsubstantiation » (!) : l’enfant devient un citoyen et un sujet autonome. Monsieur Peillon omet au passage de préciser en quoi les « attaches pré-républicaines » empêchent d’être un citoyen.

La confession de Monsieur Peillon nous fait comprendre que l’enseignement insidieux de la théorie du genre « qui n’existe pas » n’est pas un hasard mais la stricte continuité de cette logique détraquée. Après avoir abdiqué toutes ses « attaches pré-républicaines », l’enfant, afin de devenir cet homme nouveau, doit dorénavant abdiquer également son sexe.

Monsieur Peillon n’invente rien. Il ne fait que réciter le catéchisme des Lumières : éradiquons le passé pour créer un homme nouveau et ouvrir la voie vers des lendemains qui chantent. Le résultat concret de cette philosophie est que la France est sommée de se défranciser. La France doit se dépouiller de tout ce qui a fait sa substance. Faute de quoi, l’homme nouveau ne sera jamais créé et les Français resteront français.

Si la « nouvelle église » de Monsieur Peillon est véritablement une Eglise, c’est bien celle de l’Antifrance.

Les fruits de l’Antifrance

Monsieur Peillon cherche donc à engendrer des républicains pour faire la République. Nous pensons, surtout par les temps qui courent, qu’il serait plus judicieux d’engendrer des Français pour maintenir  la France en vie.

Au cas où Monsieur Peillon ne s’en serait pas rendu compte, lorsqu’un Français se dépouille de « ses attaches pré-républicaines », il ne devient pas un sujet autonome. Il devient un être décérébré, qui, selon les environnements, mutera en bobo puceaux du réel, en djihadiste parti combattre en Syrie, en weshwesh incivique et ultra-violent, en bourgeois détruit par la haine de soi, c’est-à-dire en antifa ou encore « cas soc », sorte de néo-beauf dépourvu de toute once d’éducation dont la consécration est de se faire publiquement ridiculiser dans une émission type Confessions intimes.

Cet « engendrement permanent » et cette « nouvelle naissance » sont des illusions criminelles. Il suffit de juger les fruits de l’arbre pour s’en apercevoir.

Disons le franchement : l’être républicain, dépouillé de ses « attaches pré-républicaines » est tout sauf un français.

Le clivage gauche/droite : l’homme nouveau contre l’homme enraciné

L’ouvrage de Monsieur Peillon a le mérite de nous rappeler ce qui constitue le cœur du clivage gauche/droite. Le combat entre la gauche et la droite est un combat entre l’homme nouveau et l’homme enraciné.

L’homme nouveau étant un homme sans passé et l’homme enraciné, pour citer Simone Weil, étant un homme ayant assimilé les « trésors du passé ».

Voilà le vrai clivage qui traverse la France depuis plus de deux cents ans. Et voilà qui nous fait comprendre que la droite est absente de l’échiquier politique actuel, bien que renaissante et sans rivale dans la société civile.

Le lecteur l’aura donc compris, si pour Monsieur Peillon la « Révolution française n’est pas terminée », c’est parce que la France existe encore. Monsieur Peillon, et la gogôche dans son ensemble, peuvent compter sur les Français enracinés pour que l’âme de la France ne soit pas étouffée par leur idéologie tordue.

Adrien Abauzit.
Le 14 mars 2014.
Source.

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