Évènement

Mes dix jours de jeûne

ISBN 978-2355120596

Romain Guérin
D'abord, on observe un scepticisme croissant à l'égard de la médecine telle qu'on la pratique en Occident, c'est-à-dire, une médecine de l'intervention directe et une médecine du médicament, le jeûne étant lui, si cela est avéré, une thérapie de la discipline, de la volonté, sans apport de substance exogène...

9,00 €

Pourquoi une telle expérience ?

Avant de commencer la lecture de ce petit journal, il me semble utile de faire quelques précisions, pour ne pas se tromper sur le statut à accorder à ce modeste ouvrage. Premièrement, n'étant pas médecin, toutes les descriptions ainsi que toutes les observations que je fais n'ont aucune prétention scientifique. Je relate mon expérience personnelle de jeûne d'une durée de dix jours, c'est-à-dire, celle d'un étudiant de vingt-cinq ans, dans une période normale de travail, soumis à aucun traitement particulier et n'ayant pas de pathologie connue à ce jour. Ensuite, je ne fais partie d'aucun mouvement hygiéniste ou naturopathique, je ne fais la promotion d'aucune médecine dite « non-conventionnelle », cet ouvrage n'a donc pas de teneur militante précise et affichée. Enfin, je n'appartiens à aucune religion, mon intention n'est donc pas prosélyte et ne vise à faire la publicité d'aucun culte en particulier.

Le jeûne semble aujourd'hui revenir « à la mode » et la pratique de celui-ci est de plus en plus débattue et discutée. Il y a plusieurs raisons à la résurgence de ce phénomène. D'abord, on observe un scepticisme croissant à l'égard de la médecine telle qu'on la pratique en Occident, c'est-à-dire, une médecine de l'intervention directe et une médecine du médicament, le jeûne étant lui, si cela est avéré, une thérapie de la discipline, de la volonté, sans apport de substance exogène. Puis, la société de surconsommation dans laquelle nous nous trouvons, entraîne presque mécaniquement une réaction inverse. Ainsi, pour des raisons de bien-être, d'équilibre, tant physique que moral, certaines personnes opposent à la licence, la tempérance, opposent à l'excès, la restriction, bref, cherchent à se libérer des injonctions qui se font toujours plus pressantes et violentes de la publicité qui pousse, pour des raisons évidentes de profit, l'homme à consommer toujours plus et donc, à répondre toujours plus favorablement à ses inclinaisons, à ses appétits et à ses passions. Pour finir, la religion musulmane qui est aujourd'hui beaucoup pratiquée en France, par le Ramadan, a rappelé aux chrétiens de moins en moins pratiquants, que chez eux, le jeûne rituel s'appelle « Carême », et plus généralement, elle a sensibilisé le reste de la population à cette pratique ancestrale oubliée.

La résurgence du jeûne est symptomatique, quoi qu'on en pense, d'un malaise assez profond d'une société qui voit un nombre croissant d'hommes et de femmes tourner le dos à la science instituée et se diriger vers des médecines traditionnelles ou non autorisées ; un nombre croissant d'hommes et de femmes ne plus se reconnaître au sein d'un système politico-économique et rechercher d'autres modes de vie et une sociabilité alternative ; et enfin, un nombre croissant d'hommes et de femmes ne plus adhérer aux valeurs fondamentales de la civilisation dans laquelle ils vivent et donc, éprouver le besoin de découvrir ou de redécouvrir d'autres valeurs et aspirer à une forme de transcendance.

On retrouve d'ailleurs, au fil de l'histoire, cette essence contestataire et rebelle du jeûne, justement dans les trois domaines que nous avons mis en avant, à savoir : le domaine médical, le domaine politique et enfin le domaine spirituel. Aux dires des experts russes (il existe depuis des dizaines d'années, un centre spécialisé dans la pratique thérapeutique du jeûne en Russie, à Goriatchinsk), la méthode a été découverte par hasard, à l'époque soviétique, lorsqu'un psychiatre a fait le lien entre la grève de la faim d'un malade et l'amélioration de son état psychique.


Romain Guérin présente « Mes 10 jours de jeûne » :

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